jeu 5 avr 2007
POURQUOI DELPHES POUR I.D.C?
Posted by arthur under Non classé
« La Grèce à inventé le débat démocratique et la citoyenneté, le droit écrit et l’art du discours, les maths pures et les sciences humaines, la tragédie et la comédie des mœurs, le nu et l’amour platonique, le sport professionnel et l’éthique médicale…
Plongée dans une civilisation vieille de vingt cinq siècles qui nous parle plus que jamais.» (Christian MAKARION et Yves STAVIDES)
Le théâtre est mère du septième art, le cinéma. Cependant les indicateurs économiques nous révèlent que le cinéma est l’une des plus lourdes et lucratives industrie culturelle de notre temps. Or, nous ne pouvons pas nous permettre d’oublier que le théâtre moderne est né sur le site de Delphes en Grèce. D’après le dictionnaire Larousse.
Impérialiste ou pas, les Grecs, qui vivaient, rarement en paix, savaient faire des pauses. Sportives. On a longtemps répétés que les jeux Olympiques, les premiers ont eu lieu en 776. Date d’autant plus mythique que les nouvelles recherches avancent l’apparition de ces jeux au VIIe ou VIe siècle. Sous le patronage de Zeus, ces compétitions ont une origine religieuse et culturelle, mais elles ont aussi pour effet de mesurer l’aptitude physique des meilleurs éléments de chaque cité á la guerre. C’est ainsi qu’est né l’athlétisme. Toutes les épreuves sont liées à un entraînement pour la bataille. Dès leur plus jeune âge, au gymnase, et notamment á la palestre, les Grecs sont préparé à ça. Même le sauteur en longueur est harnaché de poids – comme s’il sautait avec ses armes. Ces « meetings » ont lieu un peut partout : à Olympie, à Delphes, à Délos, à Corinthe, à Némée,…
Dans l’Athènes du Ve siècle, ces rituels à la fois religieux et critiques, ce goût de la compétition et cette mise en avent de la nature humaine culmine dans une manifestation j’usque-là inédite : le théâtre. Les racines sont religieuses : le culte rendu á Dionysos. Les chants lyriques et les louanges en son honneur doivent ramener le « Printemps.» C’est dire si tous les citoyens sont concernés. Au départ, ces célébrations et ces psalmodies ont lieu sur l’agora où le peuple se mêle aux chœurs. Se serait un poète de l’Attique, un certain Thepsis, qui aurait introduit un récitant dans le chœur, et le peuple, qui était partie prenante à ces fêtes, va progressivement devenir spectateur avec Eschyle (v.525-v.456 av.J.C) on a déjà deux « acteurs » et le chœur participe à l’action. Un des deux figurants incarne le héros mythique – par exemple un Agamemnon seul avec sa conscience et l’autre intervient pour dérouler le fil des évènements. Cette poésie pure chantée et parlée, marque l’acte de baptême de la tragédie. Pour les spectateurs de ce Ve siècles comme pour ceux de l’an 2001, les thèmes homériques d’Eschyle ont une résonance contemporaine : les guerres, les deuils, les drames, Mais le vrai père de la tragédie moderne s’appelle Sophocle (v.495-v.406 av. J.C.). Ouvrez donc Oedipe roi et lisez. Oedipe : « dis ce que tu voudras : tu parleras pour rien » Tirésias : « Eh bien donc je le dis. Sans le savoir, tu vis dans un commerce infâme avec les plus proches des tiens et sans te rendre compte du degré de misère où tu es parvenu. » Œdipe. « Et tu t’imagines pouvoir en dire plus sans qu’il en coûte rien ? » Sophocle, c’est la naissance du dialogue frontal entre deux acteurs.
Ils jouent ensemble. Avec le troisième larron, Œdipe. (v.430-v.406 av. J.C), on pose à trois à quatre acteurs – avec les possibilités de conversations croisés qui avec – et la part du chœur est réduite à la portion congrue. Tous les prototypes sont posés pour l’avenir. Eschyle esprit mystique traite du rapport au surnaturel. Sophocle, adepte du doute, dépeint les conflits intérieurs. Euripide, sophiste inquiet, se plonge dans la psychologie, campe des personnages désespérés – notamment féminins. Faut-il préciser que seuls les hommes sont acteurs, même pour tenir les rôles de femme ? Il ne manque plus que la comédie. Elle arrive.
Ou plutôt il arrive : Aristophane (v.445- v.386 av.J.C.) Dans un torrent d’injures, de sarcasmes, de scatol agie, mais en vers, il les alignes tous : les philosophes, les sophistes, les stratèges, le petit peuple, les aristocrates. Il se paie même les dieux. C’est peut-être le type le plus courageux de son époque ; il crée la comédie sociale et politique. Les titres de ses pièces suffisent : Les Grenouilles, Les Guêpes, L’Assemblée des Femmes, Les Banqueteurs,…un bon siècle plus tard, Ménandre fera évoluer la guerre. Des Affaires publiques il passe à la comédie des mœurs. Le Père Atrabilaire, l’Esclave Intrigant, La Demi Mondaine Avide, Le Jeune Crétin Amoureux. Ménandre c’est le géniteur spirituel de Molière. Pour rire comme pour pleurer, il faudra un espace réservé. La polis érige d’abord des tribunes en bois, au Ve siècle, puis, au IVe siècle, un édifice propre, souvent gigantesque, doté en tout cas d’une acoustique étonnante puisqu’on y joue encore de nos jours. La polis est ensuite l’arbitre du talent théâtral : Ce sont les représentants du peules qui délibèrent après les représentations et décernent des récompenses aux acteurs.
(extrait des pages 39, 40 et 41 du magazine L’EXPRESS Nº 2611 du 19 au 25 juillet 2001)
Il va de soi que nous tâcherons de re-actualiser la mythologie en nous rapprochant au maximum de son authenticité. L’ingéniosité ici consistera à attribuer aux neufs Muses la place et le rôle le plus judicieux dans l’organisation du Festival Delphique.
Penri-Henri YOUTA
Arthur SINCLAIR CARDINAL
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